novembre 30

Powerstroke vs Slide Release

7  comments

Powerstroke vs Slide Release

Les sceptiques vs les confiants

Ou la guerre qui oppose les « slide rackeurs » contre les « slide releaseur »

powerstroke

En 1721 dans son livre le voyage de Gullivers, Jonathan Swift décrivait la guerre farouche qui opposait depuis des générations, les gros-boutiens partisans du fait qu’un œuf à la coque doit être cassé par le gros bout, aux petit-boutiens prêt à mourir si on les empêchait de déguster leur œuf en le cassant par le petit bout. Si cette histoire absurde prête à sourire, une étude « sociologique » de la communauté du tir de combat permet de mettre en lumière certains débats passionnés dont la pertinence et le jusqu’auboutisme sont parfois tout aussi discutables que le côté par lequel il faut casser un œuf à la coque.

En effet, au-delà de l’opposition Weaver Vs Isocele, ou 9mm Vs 45, c’est aussi la manière de recharger son arme qui déchaine parfois les passions. Une guerre impitoyable oppose depuis toujours deux écoles partageant pourtant le même besoin : remettre leur arme en état de tirer lorsque cette dernière est vide.

Dans cette logique, une école prône, simplement le fait de renvoyer la glissière vers l’avant par un mouvement de charge (rack).

L’autre école quant à elle défend l’idée que l’arrêtoir de glissière n’est pas fait pour les chiens, et milite pour son emploi systématique.

Bien loin l’idée de froisser la communauté canine ni celle de leurs opposants, nous souhaiterions malgré tout dans ce petit article exposer quelques éléments de réflexion concernant ces deux méthodes.

Usage de l’arrêtoir de glissière :

Les points forts :

  •  Plus rapide d’une 1 seconde en moyenne comparée à la méthode du « rack »
  • Pas de perte de prise en main (main forte et main faible restent en position, seul le pouce de la main forte, voire celui la main faible selon les morphologies  manipule l’arrêtoir de glissière)
  • Aucun risque de « raccompagner » la glissière et d’occasionner un incident de tir par un mouvement incomplet ou ralenti.

Les points faibles:

  • Si les sensations sont altérées par le stress intense engendré par le combat, le tireur risque de ne pas sentir l’arrêtoir de glissière
  • Pire encore s’il porte des gants ou s’il a les doigts engourdis par le froid, mouillés par la pluie, moite de chaleur, visqueux à cause du sang…
  • Certains arrêtoirs de glissière sont juste inutilisables ou ont vraisemblablement été créés par le diable en personne
  • Et les gauchers, parlons en : mis à par les pistolets de dernière génération, la plupart des armes de poing ne sont pas équipées d’arrêtoir de glissière ambidextre.
  • Et enfin, la glissière qui risque parfois de revenir à l’avant pendant la phase d’introduction du chargeur en cas d’action prématurée sur ledit arrêtoir
  • Certains poussent même le bouchon jusqu’à prétendre qu’utiliser l’arrêtoir de glissière, userait la mécanique.

Le mouvement de charge systématique « rack » :

Les points forts :

  • Gestuelle unique, et automatisée jusqu’à devenir un réflexe pavlovien ( C’est pas encore une histoire de chien ça ?)
  • Fonctionne Quel que soit le pistolet
  • La morphologie du tireur, le positionnement et l’ergonomie de l’arrêtoir de glissière n’ont que très peu d’impact sur l’efficacité de cette technique.
  • Efficacité accrue lors du verrouillage car le ressort de rappel de la glissière est totalement comprimé (si le geste a été fait de manière optimale).

Les points faibles :

  • Sur certaines armes la sûreté est « idéalement » située pour être actionnée involontairement et de manière systématique lors du mouvement de charge.
  • Plus lent que la méthode avec arrêtoir de glissière
  • Nécessite de repositionner sa main faible à l’issue du mouvement de charge, ou le cas échéant à effectuer un tir à une main (en mode dégradé).
  • Soyons honnête : Emploi de deux mains = ça fait quand même moins classe

Conclusion :

Votre méthode fonctionne pour vous ?

Dans toutes les conditions ?

Si vous êtes un professionnel des armes, vous parieriez votre vie ou celle de vos équipiers sur cette méthode ?

Si vous avez répondu trois fois oui, alors ne changez rien !

Si vous pratiquez une méthode depuis de nombreuses années, vous risqueriez de vous emmêler les chargeurs à vouloir tout changer.

De toute façon, dans dix ans personne ne se souviendra si vous avez employé telle ou telle méthode. Ce dont on se souviendra… c'est que vous avez remporté le combat.

Mesdames, messieurs amoureux de la « gâchette » serrez-vous la main... enfin pour ceux qui n’ont pas leurs deux mains sur l’arme !


  • Slide releaseur même si on m’a toujours appris a racker.
    Jamais eu de soucis sur Glock.
    Gain de temps gestuelle simple et efficace.

  • Slide rack pour ma part. Pour une raison qui je pense n’est pas citée dans l’article (ou j’ai lu trop vite…).

    Avec l’arretoir de glissière, il est possible de rabattre ladite glissière sur un chargeur vide. Avec un mouvement de charge, la glissière reste bloquée dans ce cas de figure.

    Je suis d’accord que cette situation ne devrait jamais se produire ! Setup vérifié avant mission, etc. Mais le jour où la situation « merde », Murphy débarque toujours avec tous ses amis… C’est le principe. Le risque de vouloir utiliser un chargeur vide reste présent, même si un bon process pré-mission et l’utilisation d’une dump pouch pour séparer les vides des pleins réduit ce risque pendant l’action.

  • En formation, on nous apprend à racker, histoire que le mouvement soit toujours identique pour les novices. L’ arme de service étant un M&P 9, lors du changement de chargeur de nécessité, lorsqu’on introduit suffisamment énergiquement le nouveau magasin dans le puis, la glissière se relâche automatiquement (défaut ou volonté du constructeur ?) Du coup, sous stress, il m’est arrivé de racker par réflexe alors que les pièces mobiles étaient déjà revenues sur l’avant, éjectant ainsi une munition saine… Du coup j’ai pris le pli d’utiliser l’arrêtoir de glissière pour le service ainsi que pour toutes mes armes de poing personnelles (Glock, CZ, Sig Sauer), en ayant modifié l’arrêtoir d’origine pour le Glock (un 43x) qui était vraiment peu accessible.

  • Bonsoir à tous,
    Je n utilise pas le Glock. Je travaille avec le sig pro et je sais que lors d un rechargement rapide je claque le chargeur et la glissière revient automatiquement vers l avant. C est un gain de temps mais cette technique pose question. Je ne sais pas si elle fonctionne pour tous les PA. Elle peut être problématique pour la mémorisation gestuelle en cas d incident de tir où là le mouvement de racker est utilisé .. merci

  • bonjour a tous,
    tireur gaucher j’ai pris l’habitude de racker. Meme sur les armes de derniere génération, jamais eut de soucis. Ceci me permet d’avoir une gestuelle identique, et l’habitude fait que meme avec un arretoir de culasse a droite je n’utilise pas. Mais ca n’engage que moi.

  • {"email":"Email address invalid","url":"Website address invalid","required":"Required field missing"}

    Articles Similaires

    Résilience Urbaine

    Lire L'article

    Les enfants et les armes à feu (partie 2)

    Lire L'article

    Les enfants et les armes à feu

    Lire L'article

    Rengainer son arme

    Lire L'article
    >